Mon pote

Quelques mots de l’excellent film que j’ai vu et que je recommande vivement! Mon pote de Marc Esposito, avec Edouard Baer et Benoît Magimel.  L’histoire très bien construite et extrêmement envoûtante d’une amitié entre un taulard et le rédacteur en chef d’un journal automobile. Inutile de dire que les acteurs jouent un grand rôle dans le succès de ce film et que la trame du scénario rend la chose aisée. En finesse, par l’humour, par le silence, par cette bande son particulièrement pure, on est amené à considérer cette relation sous tous les bords et à travers tous les yeux. Les angles sont parfois anguleux, les cadres un peu binaires mais jamais simplistes. Et puis on rit! Du jeu d’Edouard Baer, parfait dans sa justesse, retenant sûrement ses mains, ses sourcils, ses lèvres qui peuvent parfois conduire à la caricature. Des situations brillamment trouvées. Un très bon moment.

Dans mon obsession d’entendre des échos un peu partout, j’ai pensé à Tchekhov. Einh? Oui oui, Tchekhov, La mouette, La cerisaie, Les trois soeurs, Oncle Vania, Platonov… Toutes des pièces. Et pour être honnête loin d’être mes préférées. Difficile  de vous comprendre Anton Pavlovitch…Mis à part quelques merveilleuses nouvelles, qui ont été pour moi des révélations et qui continuent d’animer certaines de mes nuits. (Le Roman de l’Avocat, Le Miroir déformant, A la maison, Volodia…) Bref Mon pote m’a rappelé deux de ces merveilleuses nouvelles: La peur et le malfaiteur. Pourquoi? D’abord pour Tchekhov qui racontait dans un manuscrit, retrouvé après sa mort, son amitié avec Souvorine. Cette force avec laquelle il se sentait à la fois lié à son ami et si loin de ses valeurs (Tous deux soutenaient des positions diverses concernant l’affaire Dreyfuss), cette détresse à ne pouvoir partager ce qui déjà semblait appartenir à son ami, cette proximité de coeur et d’esprit qu’il voyait s’évanouir. Ensuite pour ce ton, cette façon de faire vivre des personnages avec modestie, simplicité. Cet « echo » qui m’est venu en sortant de voir ce film est donc aussi une occasion de défendre Tchekhov. « Mon » Tchekhov, l’idéalisete humaniste, résolument convaincu que l’homme est bon. Donnant vie à ce qui semble en manquer. Préparant la scène aux sentiments les plus dissimulés. Le Tchekhov d’avant Gorki. « Je vois le salut dans des personnalités isolées, que ce soient des intellectuels ou des paysans  » disait-il. C’est ce que je retiens de ce film aussi…

J’ai trouvé ce recueil de nouvelles à la Fnac… 6,56€ en édition bilingue, je trouve que c’est vraiment raisonnable… J’ai ramené les miennes de Russie alors je ne peux malheureusement pas donner mon avis là dessus! à essayer!

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