Trésor des Romanov

Petit tour à la Pinacothèque où se déroule l’exposition « Romanovs, Tsars collectionneurs » du 26 janvier au 29 mai.

Le point de départ? L’ouverture de la Russie à l’Occident, cette fenêtre que Pierre le Grand ouvre sur l’art européen en décidant de commencer à acheter des oeuvres pour remplir l’Ermitage, son fabuleux palais de Saint-Pétersbourg. Pour se constituer une collection. Ses choix se portent essentiellement sur la peinture hollandaise, les sujets de marine, et les grands thèmes classiques. A ne manquer sous aucun prétexte: Le contrat de mariage de Jan Steen pour la diversité des scènes et des émotions qui font le décalage de ce tableau. Entre marché aux bestiaux et romantisme, une sage vision de la vie. David et Jonathan de Rembrandt, pour l’actualité de son thème de l’amitié masculine qui a fait couler beaucoup (trop) d’encre. Jonathan, fils du roi Saül et ami de David, va le protéger contre son propre père. Les deux amis se séparent et David remercie Jonathan en se prosternant à ses pieds. Les deux hommes s’étreignent et pleurent ensemble. Jonathan couvre David de son manteau et lui donne son sabre et ses armes. Grâce à Jonathan, David échappe donc au roi Saül. Amour ou amitié, la force du lien qui existe entre David et Jonathan transperce le tableau. Tout en contraste et en nuances, une histoire qui nous rend presque indiscrets et, en tout cas, touchés.

Deuxième période de l’exposition: Catherine II, avec  une véritable ambition encyclopédique. L’envie de tout rassembler. Inspirée et conseillée par Diderot et Voltaire, elle fait de nombreux achats dont le saisissant portrait d’acteur de Feti, Le portrait d’homme barbu de rembrandt et surtout surtout le portrait des filles de Paul Ier par Vigée Le Brun. Une incroyable composition des grandes duchesses Elena et Alexandra, à la fois complices, malicieuses, et invitant le spectateur à rentrer dans leurs jeux. Un jeu de regards, un travail des textures, du grain de peau, des drapés, de la lumière… Mon gros coup de coeur de l’exposition.

La troisème période m’a moins plû. C’est celle d’Alexandre Ier. Elle révèle moins d’enthousiasme, moins d’envie. Et puis elle est essentiellement constituée de la vente des trésors, amassés par Napoléon, cachés à la Malmaison, que les héritiers de Joséphine ont vendu au Tsar pour payer leurs dettes…

Quatrième et dernière période: celle de Nicolas II. Rachat de  la collection flamande espagnole d’Hortense de Beauharnais. J’ai été particulièrement attentive à Marie Madeleine pénitente de Vacaro, toute baignée de lumière, apparaissant étonnemment pure et habitée d’esprit divi; et le Miracle du pain et du poisson de Bassano, à l’inverse très sombre et presque éffrayant dans le spectacle de la multiplication divine. Une Hébé de Schiavone tout en délicatesse, une vraie merveille.

Une petite expo assez mal foutue mais qui a le grand mérite d’avoir réussi à faire sortir quelques merveilles des portes blindées de l’Ermitage… Et rien que pour ça, RESPECT!

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